Jean-Pierre Charland, Félicité, tome 3, Le salaire du péché, roman, Montréal, Éditions Hurtubise, Montréal, 2012, 512 pages, 29,95 $.

On retrouve Félicité et son amie Phébée à Montréal, en 1885, au cœur de l’épidémie de la variole. Un autre roman où « tout ce qui arrive vient du Tout-Puissant, le meilleur comme le pire ». La variole dresse les docteurs en médecine contre les docteurs en théologie. Les premiers prônent le vaccin, les seconds prêchent la protection du Très-Haut par la prière. Les Canadiens français, catholiques, interprètent l’épidémie comme une punition de Dieu. Pour certains, la vaccination doit être classée avec « les incantations, les sorts et la sorcellerie ». Elle cause plus de 70 morts chaque jour à Montréal. Un personnage principal n’y échappera pas, bien entendu. L’auteur s’est bien documenté, mais il enfonce tellement le même clou de l’obscurantisme religieux des années 1880 que cela devient lassant.



Romans cynique, historique et gastronomique

Paul-François Sylvestre


Marie-Paule Villeneuve, Salut mon oncle !, roman, Montréal, Éditions Triptyque, 328 pages, 25 $.

Voici un roman très contemporain, à la fois tendre et cynique. Nicolas, 20 ans, quitte le Saguenay pour étudier à l’Université de Montréal. Il s’installe chez son oncle Edgar, un bougon de 56 ans. Nicolas s’éprend d’un étudiant originaire de l’Inde. « Il était cultivé, raffiné, s’intéressait à tout et ne passait pas son temps à reluquer les seins ou le cul des filles comme le faisaient la plupart des gars de son âge. Ceux qui n’étaient pas gais, en tout cas. » Le style de l’auteure est lui aussi raffiné. Elle écrit qu’un homme était « d’aussi bonne humeur qu’une lèchefrite » et qu’une femme « s’était éclipsée comme une lune de novembre ». Marie Paule Villeneuve aime étaler son récit de références à des écrivains tels que Camus, Diderot et Descartes. Ça sonne parfois faux dans la bouche de certains personnages.

Diya Lim, Amandine adore la cuisine, roman illustré par Geneviève Kote, Montréal, Éditions Dominique et compagnie, coll. Grand roman lime, 112 pages, 9,95 $.

Éclair au chocolat, mini-clafoutis aux fruits des bois, millefeuillle bien croustillant, tarte à la frangipane, ce ne sont là que quelques pâtisseries qui sucrent le roman Amandine adore la cuisine, de Diya Lim. Le texte est original et savoureux, avec de succulents jeux de mots. L’intrigue est amusante et permet aux jeunes de découvrir le métier de pâtissier en se sucrant le bec. On y aborde même le sujet des mathématiques. Les personnages sont bien campés, les petits rebondissements sont bien pensés et les dialogues respirent de fraîcheur. Pas étonnant que ce roman ait remporté le prix littéraire Henriette-Major 2011.


Le Métropolitain (Brampton), semaine du 5 au 11 décembre 2012.

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