Entrevue le 17 octobre 2005 avec Stéphane Gauthier, chroniqueur culturel au poste
CBON de la Société Radio-Canada à Sudbury
J’aimerais que l’on parle brièvement des sources et de la méthode de compilation.
Lorsque j’ai décidé en décembre 2002 de m’embarquer dans ce projet, j’ai d’abord
sorti tous les livres que j’avais écrits sur une facette de notre histoire : Nos
Parlementaires, Les Évêques franco-ontariens, Les Communautés religieuses en Ontario
français, Les Journaux franco-ontariens et Nos Entrepreneurs ; j’avais aussi collaboré
à Nos Athlètes et à Nos Magistrats. Cela constituait une base imposante que j’ai
dû mettre à jour. Nos Parlementaires, par exemple, avait paru en 1986 et environ
5 élections s’étaient déroulées depuis ce moment-là. Exemple : Laurier LaPierre nommé
au Sénat pour une désignation ontarienne.
Vous avez dû aussi naviguer sur Internet, j’imagine…
La mise à jour s’est faite en consultant plusieurs sites Internet, dont celui du
Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa,
de la Chambre des communes et du Sénat, ceux des diocèses et des organismes provinciaux.
Deux exemples : Daniel Boyle présente la Coupe Stanley à l’Institut canadien-français
d’Ottawa (Lightning de Tampa Bay). Nicolas Dromard, de la Concentration Arts De-La-Salle,
a joué à Stratford et à Broadway.
Avez-vous bénéficié d’un appui financier ?
Il faut préciser que la recherche entourant ces éphémérides n’est pas une entreprise
universitaire menée par un groupe d’historiens subventionnés à coup de centaines
de milliers de dollars par le Conseil de recherche en sciences humaines. C’est un
projet personnel. Je n’ai pas eu un sou de subvention provinciale ou fédérale. J’ai
décidé moi-même du choix des personnes, des organismes, des événements, des bribes
historiques.
Pourquoi certains Franco-Ontariens portent le nom de « patriotes » ?
C’est le cas de gens comme Samuel Genest à Ottawa et Lucien Beaudoin à Windsor. Ce
sont des gens qui ont galvanisé leur communauté à une époque où patriote était souvent
synonyme de chef de file, de leader. On pourrait le dire aussi pour Gisèle Lalonde,
par exemple, mais le terme leader est plus actuel.
Quelle éphéméride vous étonne le plus ?
Marie-Louise Meilleur, une Franco-Ontarienne qui devient doyenne de l’humanité (voir
29 août).
Est-ce qu’il manque certains noms ?
Il est certain que plusieurs noms manquent à l’appel. Il a fallu tirer une ligne
à un moment donné. Mais on prépare déjà une mise à jour, alors des suggestions peuvent
être transmises aux Éditions du Gref.
Recension d’une collègue écrivaine
Le lundi 24 octobre 2005, à 15 h, j’ai assisté au lancement d’une « encyclopédie »
de l’Ontario français, à l’Hôtel de Ville d’Ottawa où les deux auteurs, Paul-François
Sylvestre et Jean Yves Pelletier, étaient présents pour la signature de leur magnifique
album.
L’album de 360 pages raconte l’histoire de l’Ontario français d’une manière unique
et originale. Dans L’Ontario français au jour le jour, ils rassemblent 1 384 éphémérides,
c’est-à-dire divers événements qui se sont produits le même jour de l’année à différentes
époques. Chaque éphéméride fait l’objet d’une notice qui est présentée au jour le
jour selon la date (jour, mois, année). Les notices figurent en ordre, de la plus
ancienne à la plus récente. Ces éphémérides rappellent un fait saillant concernant
la francophonie ontarienne. Dans la majorité des cas, il s’agit de la naissance de
quelque 950 personnalités franco-ontariennes : députés, sénateurs, juges, évêques,
entrepreneurs, athlètes, artistes, écrivains (145 auteurs et auteures), éducateurs
ou autres leaders sur la scène franco-ontarienne.
Certaines éphémérides soulignent des dates importantes dans l’exploration et la colonisation
de l’Ontario. D’autres rappellent la fondation d’une trentaine d’organismes provinciaux,
la parution d’environ 85 journaux franco-ontariens et l’entrée en ondes d’une dizaine
de postes de radio ou de télévision. L’établissement canonique des 12 diocèses ayant
eu un évêque francophone figure également dans ce panorama, de même que l’arrivée
de 18 communautés religieuses en Ontario français. Sont aussi incluses les dates
des 34 élections provinciales et des 36 scrutins fédéraux où des candidats franco-ontariens
ont été élus.
L’éditeur, Alain Baudot n’est pas peu fier de publier ce livre très important qui
devrait trouver sa place dans les écoles, les bibliothèques, un véritable « Qui est
qui? » de la scène franco-ontarienne : De René-Robert Cavelier de La Salle à Frédéric
Romanet du Caillaud, en passant par Madeleine de Roybon d’Allonne, Jean-Baptiste
Rousseaux, Laurent Quetton de Saint-Georges et Elizabeth Bertrand… de Joseph Le Caron
à Paul-André Durocher, Rémi Gaulin, Élisabeth Bruyère et Joseph Charbonneau… des
demoiselles Adhémar et Papineau à Jeannine Séguin, les sœurs Diane et Béatrice Desloges,
Jeanne Lajoie et Robert Gauthier… de Pierre St-Jean à Madeleine Meilleur, en passant
par Joseph-Octave Réaume, Rhéal Bélisle et Gilles Pouliot… de Gilbert-Adélard LaBine
à Paul Desmarais, Paul-Eugène Marchand, Napoléon Roy, Jocelyne Côté-O’Hara… de Pierre
Pouchot à Arsinée Khanjian, Florence Castonguay, Denise Robert, Louise Pitre et Luc
Lalonde… de Marie-Rose Turcot à Jean Marc Dalpé, en passant par Régis Roy, Gabrielle
Poulin, Jacques Flamand, Nancy Vickers, Melchior Mbonimpa… des Flying Frenchmen à
France Gareau, Gérald Ouellette, Phil Marchildon, Albert Bélanger… c’est un vaste
panorama, une fresque peinte aux couleurs de la vitalité, de la diversité et de la
fierté.
Lysette Brochu, Gatineau