Toronto s’écrit : le double plaisir d’un beau livre
L’ambiguïté du titre du dernier
livre de Paul-François Sylvestre, Toronto s’écrit, nous dirige sur deux pistes aussi
intrigantes l’une que l’autre. Est-ce qu’ « On écrit Toronto » comme « On écrit l’histoire »
ou « Toronto écrit sa propre biographie » ? Sans doute les deux.
En tout cas, pour répondre à ces questions, Paul-François Sylvestre, chroniqueur
bien connu des lecteurs de L’Express, a recueilli des extraits de textes littéraires
d’une soixantaine d’écrivains qui ont donné leurs impressions sur la Ville Reine.
La liste en est impressionnante: journalistes, artistes, politiciens, enseignants
et beaucoup d’autres. Leur largesse d’esprit nous ouvre bien des portes jusque là
plus ou moins closes. Ils nous éclairent, chacun à leur manière, sur les mille facettes
d’une ville qui naguère passait pour une cité aussi terne qu’anglo-saxonne.
Tout a bien changé, même le cimetière, avec son ange tutélaire, s’intègre au paysage
citadin et prend des allures de lieu de rencontre. Les parcs verdoyants accueillent
les pique-niques à la bonne franquette aussi bien que les amoureux furtifs et les
grands-mères fatiguées.
Le quartier gai lui-même prend ses galons légitimes tout en nous initiant au jeu
des mouchoirs.
Lire les morceaux choisis de Paul-François Sylvestre équivaut à faire de jolies balades
dans la ville et à y retrouver tant de ces Franco-Ontariens qui font notre bonheur
quotidien.
Il faut ajouter à cela que l’objet livre, lui-même, est un chef-d’oeuvre à mettre
sur la coffee table tellement il est élégant, soigné, agréablement illustré et d’un
impeccable fini comme tout ce qui sort des Éditions du GREF. Au total, un double
plaisir du contenu et de la présentation.
Monique Maury Léon
Paul-François Sylvestre, Toronto s’écrit : la Ville Reine dans notre littérature,
essai, Toronto, Éditions du Gref, coll. Lieux dits no 3, 2007, 216 pages.
Recension parue dans L’Express (Toronto), semaine du 6 novembre au 12 novembre 2007.